CHAD

Chad Smith est né le 25 Octobre 1961 à a ST Paul, Minnesota. Chad commença la batterie dès son plus jeune âge.Sa première batterie fut un amas de cartons de glaces que son père lui avait volé chez Baskin Robbins.Il prit son premier cours de batterie en 1970 à l'âge de 8 ans.

A 17 ans, il commence a travailler à gauche et à droite pour des petits jobs, tout en continuant l'école. Il se rends très vite compte que sa passion et que sa vie se passera derrière une batterie. L'année suivante, il obtient son diplôme à la High School de Bloomfield Hill's. Nous sommes alors en 1980 et Chad à 18 ans; Il arrête sa scolarité pour se consacrer entièrement à sa passion. Il fait alors partie de différents groupes. Il commence à sortir de l'ombre avec le groupe de hard rock de Detroit Toby Redd qu'il intégre en 1984. Il participera à l'album "In The Light", second et dernier volet de la discographie très courte du groupe.

En 1988, le groupe Toby Redd se sépare. Chad a acquis une bonne maturité et une réputation de bon batteur, qui lui permet de jouer l'hymne américain dans le stade des Detroits Pistons a la mi-temps du match contre les Falcons d'Atlanta. Toujours en 1989, il se sépare de sa petite amie Gina Martocci.Il entend parler d'une audition pour rejoindre le groupe de Los Angeles Red Hot Chili Peppers. Il quitte Detroit et passe l'audition (le dernier d'après la petite histoire) et réussi son examen d'entrée. Il rejoint les Red Hot en mars 1989. Les membres du groupe furent tous très impressionnés par son intelligence et sa façon de jouer.
Il s'adapte très vite au style musical, et devient un membre incontournable des Peppers. Chad est quelqu'un de chaleureux et c'est le seul a installer au sein du groupe un sentiment de famille. Il a beaucoup d'amis dans le monde de la musique, notamment Eddie Vedder des Pearl Jam avec qui il a eu l'habitude de jouer au basket. Comme Flea et Anthony, c'est un mordu de basket mais contrairement aux deux Californiens, il n'est pas pour les Lakers de L.A mais pour les mauvais garcons de Detroit, les Pistons
Chad a ete marié avec Maria ST John, ils ont eu une fille ensemble appelée Manon qui est née le 3 mars 1997
Il a récemment participé au super skate au Madison Square Garden pour l'association de Chirstopher Reeve en janvier 2001

# Posted on Tuesday, 14 March 2006 at 1:38 PM

JOHN

John Anthony Frusciante est né le 5 mars 1970 à New York. Son père, John senior, fut pianiste avant de devenir avocat puis finalement juge. Sa mère, Gail, était quant à elle une chanteuse de talent (c'est elle qui dirige les choeurs sur Under the Bridge) mais fut contrainte de devenir femme au foyer lorsque son mari écarta la possibilité qu'elle puisse faire carrière. Sa famille vécut dans le Queens avant de s'installer à Rucson dans l'Arizona pour déménager ensuite vers la Floride pendant un an. Durant cette periode, les parents de John divorcent. A la suite de cette séparation, John part avec sa mère à Santa Monica en Californie.

Alors âgé de 9 ans, il découvre le skateboard et la musique californienne à travers Kiss, Aerosmith et surtout les Germs dont il jouera un an plus tard pratiquement tous les titres avec un seul barré. A l'age de 11 ans, il prend ses premiers cours de guitare et part vivre à Mar Vista avec sa mère et son beau-père. Ce dernier, amateur de philosophie, écoutant aussi bien du Beethoven que du R&B des années 50, aida John à se sentir à l'aise dans son statut d'artiste. Par ailleurs, ses influences musicales évoluent. Il écoute désormais Jimmy Page, Jeff Beck, Jimi Hendrix, Frank Zappa et ne cesse d'étudier leurs techniques et solos. A 14 ans, il reçoit son premier 4 pistes sur lequel il enregistrera ses premiers "vrais" morceaux tels que "Water Music". A 17 ans, alors qu'il découvre David Bowie, une personnalité qui le marquera à jamais, il quitte l'école et part s'installer seul à Los Angeles. Il se présente alors à une audition de Zappa mais quitte la salle avant même d'avoir joué, réalisant qu'être son guitariste ne lui permettrait pas de perpétuer le cliché de la rock star (Sex, drugs and Rock n'Roll) qu'il rêvait d'incarner.

En 1988, Frusciante jamme pour la première fois avec le batteur des Red Hots de l'époque, D.H Peligro. Connaissant l'admiration de John pour le groupe, dont il est le plus grand fan depuis l'âge de 15 ans,.
Peligro l'invite à jammer avec Flea. Leur première rencontre aboutira au désormais connu "Pretty Little Ditty", récemment samplé par le groupe de fusion Crazy Town. Quelques mois plus tard, Flea le rappelle pour lui proposer d'auditionner afin de remplacer Hillel Slovak, l'ex-guitariste du groupe, décédé dans son appartement suite à une overdose d'héroine. Alors âgé de 18 ans, Frusciante, surpassant tous les candidats au poste, est intégré au sein du groupe dans le courant de l'année 88. Il retrouve ainsi le groupe en studio pour l'enregistrement de leur quatrième album "Mother's Milk, dont le style guitaristique s'nscrit dans la continuité du travail de Slovak. La tournée américaine qui s'ensuit permet à Frusciante d'assimiler l'esprit Red Hot. Il adopte la coupe mohawk et se fait tatouer le Chili logo sur l'avant-bras droit, en hommage à Anthony Kiedis. Durant les trois années qui suivent, il perfectionne son style en pratiquant 10 à 15 heures de guitares par jour. Le résultat: en 1991, l'enregistrement de l'album "Blood sugar sex magik", sommet artistique jamais égalé par le groupe, voit également le talent de Frusciante éclater au grand jour à un niveau de créativité et de technicité remarquable ( il déclarera plus tard avoir composé 60% de la musique présente sur l'album). La fluidité avec laquelle il transcende les styles, allant du funk au métal en passant par la pop, lui vaut une critique élogieuse et une notoriété incontestable au sein de la scène musicale de l'époque.
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# Posted on Tuesday, 14 March 2006 at 1:37 PM

FLEA

Flea, de son vrai nom Michael Peter Balzary est né le 16 octobre 1962 à Melbourne, capitale de l'état de Victoria, en Australie. Il a une s½ur aînée, prénommée Karen.

Alors qu'il n'a que quatre ans, ses parents divorcent et sa mère se remarie en 1967 avec un musicien new-yorkais de jazz, Urban Walter Jr, 'alcoolique, junkie et très violent' selon les dires de Flea aujourd'hui. Ce Jazzman initiera Flea à la musique et on peut dire en somme que s'il n'avait pas été là, peut-être que le membre le plus controversé et le plus marrant des RHCP n'en serait pas là où il en est aujourd'hui. En effet, dès lors la musique va prendre une place de la première importance dans la vie du jeune Michael.

La même année que son mère rencontre le jazzman, il déménage avec ses parents et sa s½ur à New York. Selon Flea, la première chose de la Grande Pomme dont il se souvient est la cabine du bateau en provenance de Melbourne qu'il s'est pris sur la figure, lorsqu'il voulait admirer la Statue de la Liberté. C'est à partir de ce moment-là que Michael, sous l'influence de son beau-père, s'initie au Jazz et à la Soul Music. En effet, à NYC, la petite famille Balzary emménage dans une grande maison et au fur et à mesure des jours, de nombreux musiciens amis de Walter sont invités pour des jams sessions. C'est ainsi qu'en assistant à ces concerts improvisés des grands noms du Jazz chez lui, Michael décide de faire lui aussi de la musique. Le premier instrument qu'il choisit est la batterie, mais Walter le convainc d'essayer la trompette en 1972 (il a alors 10 ans) et il se trouve que le jeune garçon se révèle très doué pour l'instrument. Il sera d'ailleurs reconnu quelques années après comme un des meilleurs jeunes trompettistes de LA. Dès lors, le jeune Michael commence à écouter les maîtres du Jazz : Miles Davis, Charlie Mingus, Ornette Coleman, Dizzy Gilepsie, Louis Armstrong, Theolonious Monk, etc.. Mais aujourd'hui, Flea garde un souvenir de cette période entaché par des bêtises qu'il a pu faire à cette époque, à 9-10 ans : petits cambriolages pour gangs du Bronx, vols de pièces de voitures, deal de drogues... Mais un des moments les plus inoubliables de cette période demeure sa rencontre en 1973 avec son idole Dizzy Gilepsie en backstage après un concert, et ceci grâce à sa mère : pendant un quart d'heure, le jeune trompettiste put témoigner de son amour pour le jazz, la musique et pour le personnage lui-même qui fut d'ailleurs très touché. Ils trouvèrent même le temps d'échanger quelques notes à la trompette par la suite. Mais en raison des tournées de Walter à travers les USA, la famille Balzary déménage à Los Angeles en 1973. Michael, âgé de 11 ans est inscrit à la Bancroft Junior School et il se souvient : «Je suis arrivé d'Australie en 1972 et depuis lors Los Angeles s'est convertie en une cochonnerie, dans tous les sens du terme.»

Rapidement, il devient la tête de turcs de ses camarades, en raison de son étrange accent mi-australien, mi- new-yorkais, de ses goûts musicaux, jugés démodés car les jeunes de l'époque préféraient la disco ou le rock, ce que Michael n'aimait pas car il considérait ces genres comme « une musique d'idiots », au Jazz et à la Soul Music. De plus, il attire la jalousie de ses camarades de classe, car il devient rapidement grâce à de nombreuses heures de travail consacrées à la trompette quotidiennement l'élève préféré de ses professeurs de musique. Ces derniers le considèrent même comme le meilleur trompettiste qu'il aient eu depuis que Harv Helbert est fréquenté l'établissement il y a quelques années. Il parvient même à devenir première trompette du Los Angeles Junior Philarmonic, un orchestre composé de jeunes musiciens talentueux ainsi que le LACC Jazz Band.

Pour les raisons citées au-dessus, Michael n'aime pas l'école et préfère sécher les cours pour rejoindre son beau-père et aller jouer avec des musiciens plus âgés que lui.
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# Posted on Tuesday, 14 March 2006 at 1:35 PM

ANTHONIE

Anthony Kiedis est le chanteur et le parolier des Red Hot Chili Peppers. Il fait partie du groupe depuis toujours."J'ai du affronter mon côté vulnérable, anxieux, craintif, solitaire, effrayé, tordu, angoissé, tourmenté et psychotique. Je me suis regardé et je me suis dit : c'est qui ce malade ? Mais je n'en fais pas étalage. Les gens ne voient que l'image de quelqu'un qui essaye désespérément d'avoir l'air normal et d'avoir l'air sûr de soi, en phase avec soi-même."

Le 2 juillet 1960, John Kiedis épouse sa petite amie du lycée, Peggy Nobles.
Le 1er novembre 1962 vers 4 heures du matin, naissance d'Anthony Kiedis à l'hôpital St. Mary de Grand Rapids, une petite ville du Michigan.

En 1965, le père d'Anthony obtient une bourse pour étudier le cinéma en Californie. La famille part s'installer à Los Angeles. John prend un nom de scène :"Blackie Dammet" (en hommage à l'auteur de romans noirs Dashiel Hammet). Ses parents divorcent en 1967.
Sa mère retourne dans le Michigan et l'emmène avec elle. Il écrit très souvent à son père, qui lui manque. Dans ses lettres, Blackie raconte sa vie à Hollywood. Anthony lui écrit :"Cher Papa. Je suis content que tu ne sois pas allé en prison. Tu devrait être plus prudent. Je suis désolé de n'avoir pas écrit plus tôt. Merci pour les perles elles sont jolies. Tu me manques. Love. Tony PS. Je t'envoie quelques biscuits que j'ai fait." De temps en temps, son père fait une apparition. "Il était si cavalier envers les conventions que j'en était sidéré. J'étais cerné par toutes ces personnes "normales", si soucieuses d'être convenables à l'intérieur des limites de ce qui était acceptable et il entrait avec une moustache en guidon de vélo et les cheveux jusqu'au derrière, des bottes à semelle compensée de 17 centimètres de haut, en peau de serpent rouge, des costumes de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, sans se sentir déplacé. Cette audace l'élevait, pour moi, au rang de héros. Il a semé la graine de la créativité que j'ai conservé toute ma vie. Il m'a appris que c'était bien de penser, d'être et d'agir différemment."

"Bien plus tard, j'ai commencé à regarder la maternité en général comme étant un bien plus grand exemple de ce que peut-être un héros... Les mères font toutes sortes de choses discrètement, sans en faire tout un plat. Elles font en sorte que l'enfant ne manque de rien sans demander de médaille pour cela. C'est un plus humble et plus bel exemple de ce que peut-être un héros. Ma propre mère a été un véritable pilier de stabilité et de cohérence pour tout le monde autour d'elle." "Nous vivions à Grand Rapids, dans une environnement très classe-moyenne les plus basses. Ma mère allait travailler tous les jours. Elle était secrétaire dans un cabinet d'avocat. Et je jouais les vandales, les voyous. Je suis allé dans une école qui acceptait les enfants sourds et attardés mentaux, et j'étais en quelque sorte le défenseur auto-proclamé de ces enfants. J'étais toujours expulsé pour m'être battu avec ceux qui tourmentaient les enfants handicapés. Et ma mère approuvait toujours cela. C'était important de savoir que quelqu'un me soutenait pour faire ce en quoi je croyais." En 1968, sa mère se remarie. La vie avec son beau-père est un enfer. " Il débarquait à 5 heures du matin, avec un oeil au beurre noir. Il trafiquait des flingues et d'autres trucs dans le genre. ... ". Anthony a peur pour sa mère et sa petite soeur. En 1970, sa mère divorce pour la seconde fois et Anthony devient l'homme de la maison. Il a 11 ans lorsque sa mère rencontre son troisième mari. Il demande alors à aller vivre avec son père. Elle refuse. Il fugue jusqu'à ce qu'elle cède.
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# Posted on Tuesday, 14 March 2006 at 1:34 PM

biographie des red hot chilli pappers

biographie des red hot chilli pappers
Los Angeles, Californie, 1983. Devant un public sidéré, quatre agités envahissent la scène du Rhythm Lounge, pour un set d'ouverture tendance freak show d'à peine 3 minutes mais qui laissera en extase la majeure partie de l'assemblée. Vingt ans plus tard, en 2003, les Red Hot Chili Peppers achèvent une tournée mondiale triomphale consécutive à la sortie de leur huitième album, By The Way.
Les Chili Peppers ont traversé le temps, les modes et les péripéties de 20 ans de carrière sans jamais perdre leur intégrité ni laisser leur talent s'engourdir dans les abîmes du showbiz. Car le moteur du groupe, c'est l'amitié et l'amour de la musique."Il ne faut jamais oublier qu'à l'origine le groupe est une affaire de potes, une affaire d'amitié qui ne s'est jamais démentie et je pense que cela nous a fait beaucoup progresser en maturité." (Flea, 1995) "Il faut évidemment beaucoup d'amitié et de compréhension pour qu'un groupe puisse rester uni pendant si longtemps tout en continuant à faire des choses différentes à chaque disque. Si nous ne nous aimions pas sincèrement les uns les autres, je pense que ce groupe aurait cessé d'exister depuis longtemps. On a connu ensemble des tragédies et des expériences formidables et on a toujours voulu créer quelque chose d'honnête, un mélange d'âme et de puissance." (Anthony Kiedis, 2002)


Tout a commencé un jour de 1977 au lycée de Fairfax, L.A. Michael Balzary, jeune homme plutôt timide mais parfois un peu teigneux, attrappe un autre lycéen, à qui il garde rancune pour on ne sait quelle raison, avec la ferme intention de lui flanquer une bonne raclée, quand son projet se voit dérangé par l'arrivée intempestive d'un original nommé Anthony Kiedis, qui vole au secours de son unique ami et compte bien le défendre férocement: "Lâche-le immédiatement, ou tu vas le regretter", menace-t-il. Michael, intimidé par le regard décidé de son antagoniste, préfère battre en retraite. L'histoire aurait pu s'arrêter là, n'eût été le caractère excentrique des deux personnages. Quelques temps plus tard en effet, lorsqu'ils se croisent à nouveau, l'hostilité a disparu pour laisser place à la sympathie d'une amitié naissante; car leur marginalité commune les rapproche. "Il était anormal, et j'étais anormal, alors nous avons décidé de l'être ensemble" dira plus tard Flea. Dès lors, ils deviennent inséparables et progressivement leur bande s'agrandit de quelques autres farfelus que Michael a rencontré au collège, parmi lesquels Hillel Slovak, Jack Irons, Alain Johannes et Keith Barry. Leur petit groupe s'intitule Los Faces, tous font preuve d'un goût prononcé pour la musique - tous sauf Anthony sont musiciens - et partagent leurs expériences personnelles comme leurs découvertes artistiques au fil du temps.


Johannes, Slovak et Irons jouaient depuis plusieurs années ensemble, ayant formé dès le collège le groupe Chain Reaction, qui aux alentours de 1978 changea de nom pour Anthym, avec Alain à la guitare et au chant, Jack à la batterie et Hillel à la guitare. En manque d'un bassiste stable, ils demandent alors à Michael, qui entre-temps s'est attribué le surnom définitif de "Flea", de les rejoindre à ce poste; celui-ci démarre la basse quasiment "sur le tas", encouragé surtout par Hillel; mais à mesure que son style s'affinera, son influence introduira de plus en plus de funk dans les compositions du groupe. Anthym gagne progressivement une petite renommée en ville, écumant régulièrement les bars et les petits clubs d'Hollywood. Anthony n'est évidemment pas le dernier à venir les applaudir, il les suit partout et devient même le présentateur attitré de leur concerts, ponctuant leurs entrées sur scènes de poèmes et d'histoires drôles de son cru pour chauffer la salle, et déclamant de toute la force de ses poumons la phrase d'introduction qu'il a inventé : "Cal Worthington les appelle les plus grands rockers de L.A., leurs parents les appellent des tarés et les filles les appellent tout le temps. Mais moi je les appelle comme je les vois, et je les appelle...AAANTHYYYYM!!!". En 1980, les Los Faces terminent leur dernière année de lycée et se consacrent désormais le plus possible à la musique, devenue pour eux une véritable passion. Anthony, Hillel et Jack suivront cependant des cours à l'université, rapidement abandonnés. Durant l'été 1981, Flea quitte Anthym ; il rejoindra quelques mois plus tard Fear, groupe punk local mené par Lee Ving, où il finira d'ailleurs par s'ennuyer, car on lui demande de limiter au stricte minimum son jeu habituellement dense et énergique en utilisant le médiator; de plus, son extravagance n'est pas pour plaire à tout le monde, et ses frasques sauvages inquiètent les autres membres du groupe, un comble pour des punk rockers toujours précédés de leur réputation style affreux, sales et méchants ! Flea leur donnera donc sa démission deux ans plus tard.


De leur côté, les trois membres d'Anthym se renomment What Is This et poursuivent leur route avec un nouveau bassiste, Chris Hutchenson ; cependant Flea, Hillel et Jack continuent à jammer ensemble à l'occasion. Au printemps 1983, le trio est de nouveau réuni, lors d'une préstation entièrement improvisée au Rhythm Lounge, cette fois avec Anthony au micro, rappant sur un poème qu'il avait passé toute une nuit à écrire, peu de temps auparavant ; ils apparaissent pour l'occasion sous le nom de Tony Flow And The Miraculously Majestic Masters Of Mayhem. "Notre tout premier concert fut une énorme farce. Gary Allen, un bon ami à nous, faisait une sorte de numéro de cabaret étrange et un peu barré, une danse synchronisée en costume de freaks, et il nous avait demandé de trouver un lever de rideau dans le même esprit pour compléter la farce. Finalement, on s'est trouvé nous-mêmes - Anthony, Hillel, Jack et moi - mais sans avoir répété, ne serait-ce qu'une seule fois... J'avais une ligne de basse funky, Anthony un poème et aucune expérience du micro. Nous jouâmes ce seul et unique morceau mais, à la fin, les gens étaient devenus comme fous, hystériques ! C'était 'Out In L.A.' " (Flea, 1993).
Quoi qu'il en soit, cette "blague" fonctionne si bien qu'elle se répand comme une traînée de poudre par toute la ville, et au concert suivant des quatre compères, un public intigué s'entasse dans la petite salle pour voir de plus près ces phénomènes. Bien plus, cette performance se révèle décisive pour l'avenir du groupe, car ils se découvrent ce soir-là une merveilleuse alchimie qui sera l'essence même de leur musique, et décident donc de poursuivre leur aventure commune; ils remettent ça quelques jours plus tard, s'étant définitivement rebaptisés The Red Hot Chili Peppers, et commencent alors à tourner régulièrement dans la ville. Quelques mois plus tard, leur renommée leur vaut déjà de figurer à l'affiche d'un mini-festival avec Run DMC. Anthony raconte: "Nous avons beaucoup accompli durant les premiers mois, nous avons écrit un tas de bonnes chansons et développé un circuit live régulier dans les clubs d'Hollywood, ce qui était vraiment tout ce que nous avions souhaité faire - jouer dans ces clubs." La plus mémorable de ces apparitions eut lieu au Kit Kat Club, une boîte de strip-tease où, voyant que les jeunes filles dénudées leur volaient la vedette, ils convinrent d'un rappel plus adéquat pour l'endroit et remontèrent sur scène dans un costume qui deviendrait par la suite la "marque de fabrique Red Hot Chili Peppers", à savoir nus comme des vers, une chaussette trônant sur les génitoires - blague maintes fois expérimentée en privé lors de "sorties" entre potes à une époque où Flea, Anthony et Hillel partageaient le même appartement hollywoodien - ce qui ravit le public mais rendit curieusement furieux le patron du club.


A la même époque, Flea se voit proposer un poste permanent de bassiste pour Public Image Ltd., le groupe de John Lydon (ex-Johnny Rotten des Sex Pistols); bien qu'il avoue avoir hésité, tenté de rejoindre des artistes qui comptèrent parmi ses idoles punk, il refusera, étant bien plus curieux de découvrir l'avenir du groupe à la création duquel il avait participé, et qui à présent commençait à véritablement se faire un nom. Car pendant ce temps les rumeurs de leurs performances se propagaient par l'intermédiaire de divers "découvreurs de talents" qui à cette époque se plaisaient à hanter les petites salles à la recherche de la perle rare, et parvinrent ainsi jusqu'aux oreilles de plusieurs majors. A peine 6 mois après ses débuts, le groupe est contacté par EMI America et signe quelques jours plus tard un contrat portant sur sept albums avec la maison de disques. A l'automne 83, ils enregistrent une première démo au Bijou Studio de Los Angeles, produite par Spit Stix, batteur de Fear. Mais par malchance, What Is This de son côté vient de signer avec MCA, et Hillel et Jack, pris entre deux feux, choisissent naturellement de rester avec le groupe auquel ils se sont consacrés depuis plus de 6 ans, plutôt que ce groupe-blague au futur tout de même incertain; ils enregistreront un premier maxi, Squeezed, qui sort en janvier 84.


Choc pour Anthony et Flea, qui doivent leur trouver des remplaçants. Ils optent pour Cliff Martinez, un batteur de leur connaissance, et pour un guitariste professionnel nommé Jack Sherman. Mais sans Slovak et Irons, la connexion n'est plus aussi profonde. Le groupe rentre en studio début 1984 et se fait une joie d'avoir obtenu comme producteur l'un de leurs maîtres à penser, Andy Gill, ex-membre des Gang Of Four qui furent pour eux une influence funk énorme; mais leur enthousiasme retombe vite et la rencontre tourne au vinaigre lorsqu'ils constatent quel conflit culturel les sépare: Andy Gill, désormais adepte des nouvelles technologies et du funk de salon préformaté, voudrait leur imposer machines et boîtes à rythmes, tandis que le groupe cherche simplement à capturer sur disque toute la puissance explosive dont ils se savent capables. "Il lui semblait nécessaire que nous utilisions des machines à la place de la batterie, parce que c'est ça qui passait à la radio à l'époque. Il considérait que nous devions faire tout ce qu'il fallait pour se conformer au son de la radio." (Anthony, 1989)"C'était notre premier disque, et notre but était d'être punk-rock avec le funk, et nous n'allions pas compromettre notre son qui était basé sur une basse et une batterie organiques. Nous avions un point de vue sérieusement différent sur la façon de faire les choses. Au lieu de finir avec un disque qui soit du funk tranchant ou du pop-funk ramolli, nous avons fini avec un disque entre les deux." (Flea, 1989). L'expérience tourne court et l'enregistrement est avorté à mi-chemin, et le premier album The Red Hot Chili Peppers qui sort en été 84 ne dure qu'une trentaine de minutes seulement. Ils tournent cependant un clip video pour "True Men Don't Kill Coyotes".


A partir de ce moment le groupe enchaîne les concerts sans relâche, la tournée étant gérée par leur nouveau manager Lindy Goetz, et leur circuit s'agrandit peu à peu à tous les Etats-Unis. En 1985, Hillel, estimant que le futur des Red Hot Chili Peppers est plus prometteur et pressentant que ce groupe lui convient mieux, abandonne What Is This - alors que le groupe, peu de temps après la sortie de leur premier album, envisageait de nouvelles sessions d'enregistrement - pour reprendre la place de Jack Sherman (ce dernier attaquera d'ailleurs infructueusement le groupe en justice des années plus tard, estimant son contrat bafoué). Son retour est un premier soulagement, et peu après le groupe retourne en studio, cette fois-ci à Detroit avec à la production le Grand Maître du Funk, George Clinton himself, qui profite de l'occasion pour inviter nombre de ses amis, artistes de légende,
à participer aux sessions (Maceo Parker, Robert Johnson, Fred Wesley...); les Chili Peppers retrouvent le sourire et s'en donnent à coeur joie. A l'arrivée, Freaky Styley est déjà bien plus à la hauteur de leurs aspirations; l'album sort en septembre 1985, et leur offre la reconnaissance aux Etats-Unis, tandis que dans le reste du monde il passe relativement inaperçu. "Jungle Man" et "Catholic School Girls Rule" font l'objet de vidéos, et "Hollywood", reprise de l'"Africa" des Meters, sort en single. La tournée qui s'ensuit s'ouvre cependant à quelques pays européens (Angleterre, Allemagne), où leur désormais célèbre gag de la chaussette et leur humour à tendance pelvienne est parfois mieux accueilli, sinon mieux compris qu'aux USA.

Plus que jamais l'amitié vainc tous les obstacles, puisque Jack Irons, après quelques hésitations, a suivi l'exemple d'Hillel et rejoint les Red Hot Chili Peppers pour remplacer Martinez début 1986. Le line-up original est à nouveau réuni, les concerts s'enchaînent , le groupe tourne souvent en compagnie de leurs amis de L.A. Fishbone et Thelonious Monster.
En mai 87, ils commencent l'enregistrement d'un nouvel album dans les studios Capitol avec Michael Beinhorn, choisi comme producteur, après le refus de Rick Rubin. L'album The Uplift Mofo Party Plan sort en septembre de la même année, et le groupe s'en estime pleinement satisfait, Beinhorn ayant réussi à saisir au vol l'énergie live de leurs prestations. La victoire reste cependant limitée; EMI refuse de sortir le single "Behind The Sun" - qui sortira finalement en 92 et connaîtra même un certain succès - lui préférant "Fight Like A Brave". Les Peppers persévèrent cependant et poursuivent les tournées, qui ne se limitent désormais plus aux clubs, le groupe remplissant de plus en plus souvent des salles plus grandes, avec Faith No More ou les Beastie Boys en premières parties. En mai 88, ils profitent d'un détour par Londres pour immortaliser sur le même passage clouté d'Abbey Road leur parodie en chaussettes de la célèbre pochette des Beatles. La photo illustrera la couverture de The Abbey Road EP, un maxi compilant des titres des trois albums, qui sort en été cette année-là. Il est à noter que cette image récurrente des "cocks on socks" se propage et leur vaut vis-à-vis du grand public une certaine réputation - dont ils se passeraient volontiers - d'attardés aussi machos qu'obsédés par le sexe, les médias faisant habituellement très rapidement leurs choux gras des suggestions choquantes et des préjugés faciles. Cette image qui leur collera à la peau des années durant, alimentant aussi bien les questions des journalistes que les commentaires d'associations parentales pour la censure, finira même par leur causer quelques soucis, malgré leur défense véhémente. "Malheureusement, certaines personnes ne regardent que la sauce, et oublient de regarder le menu. Donc c'est devenu en quelque sorte un fardeau d'être obligé de répondre au "phénomène chaussette". Ce n'est qu'un détail! Ce n'est qu'un tout petit épisode parmi tout ce qu'on a fait; cela avait pour simple but d'exprimer un certain mépris pour les conventions, à dire qu'on a pas à être habillé avec un pantalon et une chemise pour monter sur scène." (Anthony, 2002) "Je suis tranquille avec moi-même. Mais étant si populaire maintenant, ça m'énerve d'être perçu d'une manière qui ne me convient pas - comme un misogyne ou un homophobe ou quelqu'un de désagréable envers les autres. Je dois faire attention à ne pas dire des choses qui pourraient être mal comprises." (Flea, 1992).


En juin 88, ils sont de retour à Los Angeles et préparent l'opus suivant, quand l'horizon s'obscurcit dramatiquement: le 27 juin, Hillel Slovak est retrouvé mort d'une overdose. Grandir à Hollywood n'a pas que des aspects bénéfiques, et la drogue était en effet présente dans le groupe depuis plusieurs années, y compris les drogues dures, mais si concernant Flea il s'agissait plutôt d'un usage occasionnel, bien que récurrent durant toute une période de sa vie, Anthony et Hillel s'enfonçaient de plus en plus dans une spirale addictive. Et là où Kiedis admettait avoir un sérieux problème, acceptant de se soigner lorsque Flea lui exprima son angoisse à l'idée que ses amis étaient en danger, Hillel s'isolait encore et toujours, refusant l'aide de ses amis, et s'il entrevoyait la nécessité de sortir de la drogue, il préférait compter sur ses efforts personnels, qui malgré le soutien affectif de ses proches, échouèrent au moment même où tous le croyaient tiré d'affaire depuis un certain temps. Pour ses trois camarades, le choc est énorme et les esprits partent à la dérive: Jack Irons, miné psychologiquement par la mort de son meilleur ami, quitte le groupe; Anthony, à la recherche de la paix intérieure, s'isole dans un petit village mexicain, profitant ainsi de cinq semaines de méditation et de calme pour "décrocher"; Flea se consacre à sa famille en attendant la naissance de sa petite fille. Mais lui et Anthony prennent très vite conscience que les Red Hot Chili Peppers représentent désormais toute leur vie, aussi décident-ils de continuer malgré les épreuves. "D'un seul coup, notre meilleur ami meurt, et nous voilà plongés dans la consternation la plus totale et complètement découragés. Ensuite Jack est parti parce qu'il ne parvenait pas faire face au souvenir quotidien de la mort d'Hillel. Ce n'était pas un sentiment de panique parce que la chose la plus importante n'était pas 'Nous devons faire ce disque pour qu'il sorte l'année prochaine', c'était: 'Regardons un peu où en sont nos putain de vies et ce que nous devons faire pour ne pas perdre encore une autre personne'. Je pense que nous avions tous besoin de temps pour nous y retrouver. La question de savoir si nous voulions continuer le groupe ne se posa jamais, parce que je pense que nous savions dans nos coeurs que nous le voulions, et que nous voulons toujours jouer dans les Red Hot Chili Peppers." (Anthony, 1989)


Ils doivent retrouver guitariste et batteur. Fin Août, ils embauchent Darren "DH" Peligro (ex-Dead Kennedys), à la batterie, et DeWayne "Blackbird" McKnight, ex-guitariste du P-Funk, pour remplacer Hillel. Mais si tous deux sont de bons amis du groupe et des musiciens de talent, la mayonnaise ne prend pas. Fin 88, Flea jamme avec DH et John Frusciante, un jeune guitariste, fan pur et dur des Chili Peppers gravitant dans le sillage du groupe depuis ses débuts. Séduit par son talent à la guitare (la ressemblance de son style avec celui d'Hillel est frappante, selon Alain Johannes, John serait son "clone absolu") tout comme par la bizarrerie du personnage ("tout droit sorti d'un film de John Waters" commente Anthony), Flea propose à Kiedis de l'intégrer au groupe, pour remplacer Blackbird, ce dernier ayant laissé le poste vacant au bout de quelques shows seulement. Jetant un regard assez incrédule sur les tout juste 18 ans du jeune homme, Anthony accepte cependant de l'accompagner à une audition de Thelonious Monster, alors à la recherche d'un guitariste; Bob Forrest à son tour se montre méfiant face à l'inexpérience apparente du candidat. Mais à peine la session terminée, il a changé d'avis et lui aurait immédiatement tendu stylo et contrat si Anthony, retourné lui aussi par la prestation, ne l'avait déjà kidnappé pour en faire un Pepper officiel. "Nous l'avons vu et nous l'avons entendu jouer, et on était là: 'Ce n'est pas possible, ça doit être un don du Ciel !' " (Anthony, 2002) "Anthony l'a vu jouer avec Thelonious Monster, et il m'a dit, tu vois, genre: 'C'est le mec qu'on cherche, c'est ce mec-là, c'est lui !' et je lui ai répondu 'Hey, je te l'avais bien dit!'"(Flea, 2002).


Ils programment donc quelques concerts avec leur nouvelle recrue, mais c'est alors Peligro qui débarque peu après, se rendant compte qu'il ne convient décidément pas à ce groupe. Aussi, début 1989, une grande audition d'une trentaine de batteurs est organisée. John raconte: "Un jour, cette fille vint me voir à un concert de Public Enemy et elle dit 'J'ai votre batteur, j'ai trouvé votre batteur !' et elle avait en effet un batteur, et elle me dit 'Ce mec bouffe de la batterie pour son petit-déjeuner !' et quand j'en ai parlé à Flea, on était tous là 'Il bouffe de la batterie pour son petit-déj' ! J'ai jamais rien entendu d'aussi débile!' " Ce batteur miraculeux, c'est Chad Smith, qui continue: "Je suis donc arrivé avec mes caisses et j'ai décidé de mettre toute la gomme. Quand j'ai eu fini de jouer, ils étaient pliés par terre, raides morts de rire. J'ai bien pensé qu'il ne me restait plus qu'à plier bagage et à rentrer chez moi. Mais, finalement, ils m'ont pris." Le fait est qu'ils furent visiblement impressionnés, après un défilé de batteurs plutôt médiocres, de voir débarquer un grand escogriffe venu de Detroit, baraqué et chevelu comme un fan d'Iron Maiden, qui se mit à fracasser méthodiquement ses fûts avec la puissance de "dix éléphants sous stéroïdes", en hurlant comme un dératé des insanités à l'adresse de ces trois demi-portions histoire de bien leur montrer qu'ils ne lui faisaient pas peur du tout! "Et le lendemain, après qu'on l'ait vu jouer, on était là: 'Mais c'est vrai, il bouffe vraiment de la batterie pour son petit-déjeuner !' " conclut John.
Chad à peine intégré, le combo repart sur les routes pour une tournée américaine, puis au cours du printemps, ils rentrent en studio, à nouveau avec Michael Beinhorn, mais cette fois le groupe s'entend mal avec son producteur, trop pointilleux semble-t-il; les sessions sont interrompues alors que 11 morceaux seulement ont été mis en boîte. Une reprise du "Fire" de Jimi Hendrix, chute de studio de l'époque Uplift Mofo, et "Taste The Pain", enregistré pour une bande originale de film, complétèrent le tracklisting. Malgré ces difficultés, Mother's Milk, qui sort durant l'été 89, est un album puissant et plus punk que jamais, et le succès de l'exportation de "Knock Me Down" puis de "Higher Ground" (reprise de Stevie Wonder) dans le monde entier, ouvre enfin au groupe les portes d'une reconnaissance internationale, tandis qu'aux Etats-Unis la polémique se concentre surtout sur la pochette de l'album. Ils tournent alors de nouveau aux USA à la fin de l'année, puis en Europe et au Japon en 90, où dans beaucoup de pays "Higher Ground" ainsi que "Show Me Your Soul" (enregistré pour la B.O. du film Pretty Woman) les ont propulsé en haut des charts. Ils emmènent avec eux des choristes et leur ami de Fairfax Keith "Tree" Barry au saxo ténor. Leurs performances sont excellentes, les membres du groupe ont retrouvé la magie d'une nouvelle alchimie qui s'approfondit à mesure qu'ils se connaissent mieux. Le groupe, lassé de son conflit perpétuel avec EMI, qui espère d'eux des chansons au format pop-radio, comme de l'inefficacité de la maison de disque, rompt son contrat, signant après diverses parlementations pour trois albums chez Warner Bros Records, qui brûle ainsi la politesse à Sony et au label de Rick Rubin, ce dernier se voyant en revanche proposer la production du prochain album; il sera désormais leur producteur attitré.


L'enregistrement a lieu en mai et juin 1991, dans une grande villa des collines d'Hollywood, autrefois séjour de prédilection de nombreuses célébrités, emplie d'esprits pacifiques et d'habitants de dimensions parallèles, et transformée en studio pour l'occasion. Ce lieu très intimiste où les Chilis s'installent pendant deux mois sans presque aucun contact extérieur, renforce leur amitié et démultiplie leur créativité et leur harmonie musicale. Aussi n'est-il pas étonnant que Blood Sugar Sex Magik, qui sort avec fracas en septembre 91, sonne comme un chef-d'oeuvre de spontanéité. L'album est acclamé dans le monde entier; les singles "Give It Away" et "Under The Bridge", colportés par MTV et les College radios, permettent à Blood Sugar de se classer en haut des charts internationaux; aux Etats-Unis, il trônera pendant un an parmi le classement du Billboard Chart. Coup de théâtre: le succès pour les Red Hot Chili Peppers, enfin? "Well, qu'est-ce que le succès? Ce mot a un sens différent pour bien des gens. Vous savez, je crois qu'on a eu du succès dès le premier jour où l'on a joué ensemble, tout simplement parce qu'on faisait un truc auquel on croyait. Jouer de la musique devant des gens, qu'ils soient deux ou deux millions, c'est avoir du succès.", commente Anthony. Succès commercial incontestable, en tous cas. Le groupe remplit désomais des salles immenses, la tournée qui s'ensuit démarre sur les chapeaux de roues, les concerts affichent complet soir après soir.


Mais c'est justement ce succès brutal qui inquiète, voire terrorise, le jeune John, qui n'a pas envie de voir le groupe qu'il aimait justement pour son originalité, se vendre et jouer dans des stades comme n'importe quel Guns N' Roses, estimant qu'il y perdrait son âme. "J'avais l'impression d'être en train d'abandonner la partie artistique de ma vie" expliquera-t-il. Il passe par une période d'incertitude et de désespoir, qui le conduisent, en mai 1992, en plein milieu d'une tournée japonaise, à donner sa démission définitive. Pour les autres membres du groupe, son départ est un choc, mais pas une surprise: depuis plusieurs mois, l'amitié qui avait lié John et Anthony paraissait totalement brisée, ils ne se parlaient pour ainsi dire plus et Flea se morfondait de voir John malheureux au sein du groupe. Sur scène, le froid s'installait et tous quatre paraissaient de plus en plus distants, Frusciante bâclant volontairement les morceaux pour exprimer son angoisse et sa colère. Quoiqu'il en soit, les Chili Peppers sont pris au dépourvu, ayant besoin d'un nouveau guitariste pour assurer la tournée australienne puis le festival Lollapalooza. C'est un ami, Arik Marshall, qui prend le poste, mais malgré son talent exceptionnel l'alchimie avec Flea et Chad laisse à désirer, et Arik quittera le groupe après la fin de la tournée. C'est au retour de cette même tournée que Flea s'effondre, victime du syndrome de fatigue chronique, dont il mettra des mois à se débarasser avant de sombrer, à la fin de l'année 93, dans une grave dépression, aggravée par la mort de son ami River Phoenix. "Je suis tombé très malade, j'étais épuisé, au fond du gouffre, seul, déprimé, misérable, cassé..." se souvient-il.


Pendant ce temps, Kiedis, persuadé que le seul espoir réside en la personne de Dave Navarro, bien connu pour ses services au sein de Jane's Addiction, n'a cessé de le harceler pour lui faire rejoindre les Peppers. Celui-ci hésita d'abord, prétendant avoir d'autres projets en cours, puis finit par accepter. Le 5 septembre 1993, Navarro est officiellement le nouveau guitariste des Red Hot Chili Peppers. Cependant, si talent et envie de jouer sont certes présents, reste aux quatre larrons à faire connaissance et à construire leur amitié comme leur harmonie, et ils ne commenceront à travailler sérieusement sur l'album qu'à la fin de l'année 94. La première grande apparition live du nouveau line-up a lieu au festival de Woodstock en août 94, lors d'un show légendaire avec entrée sur scène en costume d'ampoule électrique et conclusion très "hendrixienne" avec perruque afro à la clé. L'album, toujours sous la houlette de Rubin, progresse lentement, avec un Anthony Kiedis plongé dans un profond blocage de parolier qu'il décrit évasivement comme "une tragédie personnelle irrésolue", et le travail s'effectuant entièrement en studio, selon la méthode habituelle de Dave, et non plus lors de jam sessions comme le voulait la tradition pepperienne de composition. One Hot Minute sort en septembre 95, et révèle une atmosphère très sombre, un son lourd et percutant très marqué par le style de Navarro, avec pourtant bien des reminiscences de funk à la Blood Sugar Sex Magik dispersées au fil des morceaux. L'album marche bien, là encore le public est au rendez-vous, et côté presse les critiques sont très élogieuses. La tournée qui s'ensuit, interrompue fin 95 par un accident de Chad - qui se casse le poignet en jouant au softball - durera jusqu'à l'été 1996, incluant Europe, USA et Australie / Nouvelle-Zélande. Peu après leur retour, en février 97 Lindy Goetz prend sa retraite, et le manager des Peppers s'appelle désormais Louis Mathieu. A l'automne 96, le groupe enregistre une reprise des Ohio Players, "Love Rollercoaster", pour la B.O. du long métrage Beavis & Butthead Do America, faisant l'objet d'un clip-cartoon diffusé sur MTV.

A partir de là commence pour le groupe une année sabbatique, qui se transformera par la suite en une année "du rien".
Les préoccupations personnelles de chaque membre du groupe affectent la progression des nouvelles compositions. Chad, nouvellement papa d'une petite fille, s'engage dans le projet solo de Dave, Spread - l'album qui en résulte sortira finalement en 2001 sous le nom de Dave Navarro, après que la majeure partie du travail de Chad en ait été évincée et une longue lutte avec les maisons de disques. Flea s'investit dans quelques participations parallèles (le morceau "Hard Charger" avec Dave et Porno For Pyros, "Radio Free L.A" avec Rage Against The Machine, quelques apparitions dans des films). Alors que de nouvelles dates de tournée pour la deuxième moitié de l'année 97 viennent d'être annoncées, Anthony se fracture 11 fois le poignet dans un accident de moto. Résultat, cinq heures passées sur le billard pour réparer les dommages, et un bras dans le plâtre pendant plusieurs semaines, qui aura pour conséquence l'annulation des dates de concert estivales. Seul un concert au festival du Mont Fuji, au Japon, est assuré; ce dernier sera d'ailleurs un fiasco, interrompu au bout de 40 minutes à cause du passage d'un ouragan sur la région au même moment. Ce sera le dernier concert des Red Hot Chili Peppers avec Dave Navarro, car peu après c'est au tour de Chad Smith de se démettre une épaule dans un accident de moto, et toutes les dates sont définitivement annulées. De plus, Jane's Addiction s'est reformé, avec Flea à la basse pour combler le poste laissé vacant par Eric Avery. Ils répètent ensemble durant l'été et enregistrent quelques titres pour une compilation, Kettle Whistle, qui sort peu après; et, le 31 octobre 97, Jane's Addiction entame une tournée US de cinq semaines.
De retour au bercail, Dave choisit de se concentrer en priorité sur son projet solo, forçant le reste du groupe à un immobilisme non voulu. Mais en réalité, tous se rendent compte que l'alchimie ne fonctionne plus très bien; ils décident donc d'un commun accord de se séparer. "Nous en sommes venus à une période avec Dave Navarro qui n'était plus aussi productive pour nous, car nous n'étions pas aussi profondément connectés qu'avant." (Flea, 2002) "Si l'alchimie ne tombe pas droit du Ciel, il est probable que la magie n'opère pas. Nous en sommes vraiment venus à apprendre la valeur de cette alchimie, et elle est essentielle à ce qu'on fait." (Anthony, 2002).


Entre-temps, John Frusciante n'a pas disparu des mémoires. Durant six ans, il a traversé de nombreuses épreuves à la recherche de son intégrité, la dépression, la toxicomanie, les remises en question, qui l'ont pendant un moment éloigné de la musique; il sort un album solo (Niandra Lades And Usually Just A T-Shirt, 1994), se produit lors de quelques concerts, puis part à la dérive au milieu des drogues, avant de sortir un nouveau disque (Smile From The Streets You Hold, 1997), et de finalement récupérer un peu de sa santé et de sa lucidité. Il n'a jamais perdu le contact avec Flea; au début de l'année 98, il est complètement rétabli et a retrouvé le goût de la vie et de la musique. Il a même tiré un trait sur la brouille qui le séparait d'Anthony, avec qui il a eu l'occasion de parler à nouveau. Un jour de printemps, Flea lui propose de venir jammer avec Chad dans son garage, puis carrément de revenir dans le groupe. A leur grande surprise, John accepte. Son enthousiasme efface tous les mauvais souvenirs. "Toute cette tristesse qui était arrivée, toute cette douleur, cela a tout simplement disparu. (...) Nous nous sommes regardés, nous savions ce qui s'était passé, nous savions quelles étaient nos erreurs, et nous savions que nous nous aimions toujours et que nous étions toujours connectés, et ça nous a suffi." (Anthony, 2002)

A la fin du mois d'avril, trois semaines après l'annonce du départ de Dave, John Frusciante est de nouveau le guitariste officiel des Peppers. En été 98, l'apparition sur scène du groupe réunifié lors d'un concert privé puis du festival Free Tibet crée l'effet de surprise. La cohésion des Red Hot Chili Peppers est à son apogée et le groupe retrouve une créativité débordante d'énergie. Les compositions reprennent à une vitesse éclair, il ne leur faut qu'un mois à peine pour mettre en boîte l'album suivant, Californication, qui sortira en juin 99.
Le nouvel album, dans la lignée de Blood Sugar mais plus mélodique, avec une basse et une guitare plus discrètes, séduit le monde entier et s'écoule par millions; le premier single, "Scar Tissue", entre directement dans le top ten, et les singles suivants obtiendront le même accueil, tandis que l'album accumule les prix et les certifications. La tournée commence en mai et juin 99 par quelques concerts privés puis le groupe enchaîne sur une tournée mondiale colossale d'un an et demi, jusqu'à l'automne 2000. Ils reversent les bénéfices de leurs shows à des oeuvres caritatives et à des associations. Le succès du groupe est énorme et international. Leur musique touche un public de plus en plus large. En 2001, ils ont déjà commencé à travailler sur un prochain disque; ils effectuent une mini-tournée en Europe, et jouent deux nouveaux titres, "Universally Speaking" et "Fortune Faded". En mars 2002, alors que le groupe finit l'enregistrement d'un nouvel album, Chad effectue quelques drums clinics en Angleterre, durant lesquels il fait découvrir au public des nouveaux titres fraîchement mis en boîte.

En juin de la même année, ils commencent une longue tournée de promotion pour leur album By The Way, qui sort en juillet 2002 et se classe immédiatement n°1 des charts de plusieurs pays. Cet album plein de diversité, aux sonorités mélodiques, à l'atmosphère colorée, surprend une grande partie du public, mais prouve définitivement le génie artistique des Chili Peppers et rend hommage à leur propre culture au travers des diverses influences qui transparaissent dans leur musique. La tournée est triomphale, dans des salles de 18000 personnes remplies au comble, et durera jusqu'à l'automne 2003. Les certifications pleuvent, By The Way est partout dans le monde album platine, or, double ou même triple platine. En janvier 2003, pour l'anniversaire du groupe, EMI reédite les 4 premiers albums avec en bonus quelques morceaux inédits et des commentaires de Flea.

Rien ne peut plus les ralentir sur la voie qu'ils se sont tracé: les Red Hot Chili Peppers sont devenus indestructibles, et ne comptent pas s'arrêter là; Anthony : "J'ai le sentiment que le meilleur est encore à venir, que ce qui s'ouvre à nous va être meilleur encore en termes créatifs." Flea: "Je sens que j'ai encore un tas de trucs à faire passer, et ça me fait vibrer. Mon rêve le plus cool, c'est de me voir jouer à 97 ans".

# Posted on Tuesday, 14 March 2006 at 1:31 PM